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27.12.2007
Bon bout d'an
Nous partons demain matin, direction la Normandie, je passe donc vous dire au revoir et... à l'année prochaine!
Si vous réveillonnez lundi prochain, n'abusez pas des bonnes choses, et surtout, soyez prudents...
Comme il est de tradition chez nous en Provence, je n'exprimerai pas déjà mes voeux pour 2008, car cela porte malheur tant que l'an nouveau n'est pas installé, dit-on... Alors...
BON BOUT D'AN, ET A L'AN QUE VEN :)
10:05 Publié dans Tout et rien | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
23.12.2007
A toutes et tous...
Je vous souhaite un Joyeux Noël, et plein de jolis cadeaux sous le sapin (si vous en avez un!)
Que l'on croit en la magie de cette fête ou non, qu'on la célèbre ou non... j'espère qu'il n'y aura que du bonheur dans vos coeurs et ceux de vos proches... Je pense fort à vous tous!
Et une pensée particulière pour Manou qui vient de donner naissance à une petite Alice...
17:26 Publié dans Holidays | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
18.12.2007
Hiver
Alors bien sûr, il y a des inconvénients en hiver, tel que le givre à enlever du pare-brise de la voiture chaque jour, dans la nuit et la piqûre du froid matinal, la brume toute aussi matinale à affronter, et surtout ce manque d’envie de sortir, le plaisir de rester sous la couette étant bien plus intense… Mais on ressort les pulls en laine tout doux, les gants épais, les écharpes multicolores, les chaussettes en maille bouclette, et le tour est joué, ou presque.
Pour moi le froid vif et sec de l'hiver me rappelle ce fameux soir de décembre où pour la première fois, Monsieur Mon (pas encore) Mari m’a pris les mains pour les réchauffer au creux des siennes, prémices de ce qui allait devenir ma plus belle histoire d’amour…
Avoir froid dès les premiers jours d'hiver, c’est avoir envie de se bichonner davantage, de s’envelopper d’une épaisse crème hydratante au parfum gourmand, de ressortir sa trousse de maquillage pour retrouver des couleurs…
Rester au chaud chez soi en plein hiver, c’est retrouver du temps pour lire, pour regarder de vielles photos, pour rêvasser, pour préparer et déguster des plats savoureux et consistants…
On renaît en hiver, parce qu’on est contraint de trouver en soi la lumière et la chaleur qu’il n’y a plus à l’extérieur…
L’hiver est là, réconfortant, annonciateur de nouveaux espoirs et de bonheurs à venir…
L’hiver est là…
10:20 Publié dans Tout et rien | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
11.12.2007
Nouvelles venteuses et éparses
- Je ne sais pas chez vous, mais ici il fait un froid de canard, tout cela à cause du vent qui a fait son retour depuis ce matin. Me voici donc à côté du radiateur, une tasse de thé brûlant posé près de moi, un châle polaire sur les épaules, attendant de me réchauffer complètement. Je me sens plus âgée, tout d'un coup, et réalise que dernièrement, je n'ai plus trop été une jeune femme dynamique et volontaire, mais plutôt un vieux morceau de chiffon, et il n'y a pas de quoi en être fière.
- Je réfléchis à ce que je vais pouvoir offrir à Monsieur Mon Mari le jour de Noël, car je n'ai absolument aucune idée, et je dois faire mes achats demain, faute de temps par la suite. L'idée de devoir me rabattre sur des CDs m'ennuie profondemment, je voudrais lui offrir quelque chose qui sorte de l'ordinaire... (et puis entre nous, je sais que de son côté il va m'offrir des CDs, normal, c'est ce que je lui ai demandé! Alors lui acheter la même chose montrerait un manque d'imagination, et je n'aime pas manquer d'imagination. Zut quoi).
- Nous avons fêté nos quatre ans d'amour dimanche dernier, quatre années inattendues, quatre années annonciatrices de bien d'autres. Le temps passe vite, en tous cas. Quatre ans. C'est peu aux yeux de beaucoup de gens, mais pour moi qui ai tant souffert en amour, ces quatre dernières années ont été un merveilleux cadeau de la vie, un cadeau inespéré...
- Mère Nature a décidé que je devais terminer l'année comme je l'avais commencée, je sais donc désormais que le parcours du combattant m'attend dès janvier, plus de tergiversation possible. Parfois je me disais que cette attente involontaire était sûrement une bonne chose, maintenant je me dis que d'autres projets risquent de tomber à l'eau à cause d'une éventuelle grossesse en 2008, bref rien ne va jamais comme on le voudrait et je m'en veux de me plaindre, de me sentir insatisfaite, comme si rien ne pouvait aller autrement que de travers. Je sais très bien qu'avec le recul, tout cela ne semblera que pécadille... On a le destin que l'on a, et je ferais avec, comme je l'ai toujours fait. J'espère juste qu'avec la nouvelle année qui se profile mon esprit sera plus clair et que je pourrai regarder droit devant sans crainte ni regret.
- J'ai décidé de ne plus parler du lycée Avapabien avant les vacances, puisque de toutes façon la situation nous échappe. Les portes ont pu rouvrir au milieu de la matinée, mais les élèves n'étaient pas très nombreux, du coup on ne sait toujours pas à quoi s'attendre dans les jours qui viennent. Il y a trop de rumeurs mais aucune certitude, c'est un peu "wait and see"... J'en saurais davantage jeudi, sans doute...
17:30 Publié dans Tout et rien | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
07.12.2007
Ben voyons
Je crois que cette nouvelle réforme est un poison puissant, destinée à tuer le peu de crédibilité qu'il reste à notre bonne vieille institution... Ce dont on a besoin c'est de faire une vraie révolution pour éviter le massacre, mais ça ne bouge pas dans le bon sens, les actions qui ont lieu actuellement ne porteront pas leurs fruits si on en reste là...
Hier, dans mon lycée "empêché d'ouvrir", j'ai appris que:
- Les élèves seront plus que jamais des numéros, que l'on pourra sans prévenir passer d'une deuxième année de Bac Pro comptabilité à une deuxième année de CAP vente de produits alimentaires (par exemple), sans tenir compte du fait que les sections ne sont pas du tout les mêmes (l'important, c'est de caser les jeunes, au détriment de leur réussite s'il le faut)
- Nous pourrons être mutés dans des CFA, dont le fonctionnement n'a rien à voir avec celui d'un lycée professionnel (beaucoup de classes, beaucoup d'élèves, alternance aussi pour les profs puisque c'est les apprentis alternent avec l'entreprise, 35 heures effectives, moins de congés etc etc...) bref, rien à voir avec ce pour quoi nous avons opté pour le système national (l'important, c'est de caser les profs, au détriment de leur santé s'il le faut)
- Il y a de grandes chances qu'il y ait moins de classes et/ou de sections dans les établissements, ce qui va engendrer des pertes de postes, les fameux postes qui seront supprimés l'an prochain et dont on nous parle depuis la rentrée (l'important, c'est de faire des économies, au détriment du bon sens)
- Comme d'habitude, on nous prend pour des imbéciles, et quoi qu'on fasse, on devra subir un programme insensé et regarder nos élèves se noyer (l'important, c'est qu'une classe d'âge aille jusqu'au bac, au détriment des vrais savoirs)
Et bien d'autres choses...
Personnellement, je ne sais toujours pas où je vais ni ce que je peux faire pour éviter que la situation soit pire qu'actuellement (et il faudrait que l'important soit que j'opine du chef, au détriment de mon couple, de ma santé, et de ma carrière s'il le faut?)
15:50 Publié dans Teacher's corner | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
05.12.2007
Ouais, génial, sautons au plafond dans un grand élan collectif
Lycée Avapabien, premier mardi de décembre.
Le portail est bloqué par la Police Nationale, appellée à l'aide par Pro-Pas-Très-Pro, placé lui-même de l'autre côté du dit portail.
Des élèves d'un lycée voisin sont venus en masse pour protester contre la future généralisation des Baccalauréats Professionnels en 3 ans et la suppression prochaine des classes de BEP, et vu qu'ils ne sont pas du genre calmes, mieux valait les neutraliser. Pour le plus grand bonheur des élèves du lycée Avapabien, qui ont pour plus grande ambition de sécher les cours dès que l'occasion leur en est donnée. Et puis, allez savoir, il pourrait y avoir de la baston, c'est tellement plus passionnant qu'un cours d'anglais ou de maths...
Résultat des courses: pas un chat ou presque dans la journée, des couloirs inhabituellement silencieux, et une attente interminable en salle des professeurs, où nous avons essayé de tuer le temps comme on le pouvait, c'est à dire en bavardant entre deux boissons chaudes, corrigeant quelques copies de temps à autre, quand on en avait sur nous bien sûr.
Il semblerait que de nouveaux blocus vont avoir lieu, mais où, quand, comment, nous n'en savons rien. Verrons-nous davantage d'élèves demain, je l'ignore. Ce sera la surprise.
Je peux comprendre que les changements annoncés dérangent et inquiètent. Mais ce serait sans doute à nous, les enseignants, de protester, car après tout, ces jeunes qui manifestent sont déjà dans le système, et donc ne sont pas concernés personnellement au premier abord (sauf s'ils ont des petits frères en échec scolaire, ce qui est fort possible).
Personnellement, je ne sais pas si mon poste va continuer à exister, vu que la suppression des BEP tertiaires aura comme parallèle la perte d'heures de cours, et comme je suis la dernière arrivée dans ma discipline... Si cela s'avère exact, et si entre temps je n'ai pas obtenu de mutation pour un lycée plus proche de chez moi, que vais-je devenir, il faudra bien que l'on me case ailleurs, n'est-ce pas... Et qu'on ne me parle pas de points de bonifications obtenus pour raison de carte scolaire: si suppressions de postes il y a, il est clair que je ne serai pas un cas unique, et que les postes disponibles seront pris d'assaut. Il me faudra beaucoup de chance pour avoir ce que je souhaite et ne pas risquer de me retrouver dans un établissement encore plus difficile, à Pétaouchnok qui plus est (pour mémoire: je travaille actuellement à 100 kilomètres de mon domicile, c'est déjà bien je trouve, surtout vu la reconnaissance que j'en retire, et au prix actuel du carburant. No bénéfice.).
Nous n'en sommes pas là, évidemment. C'est volontairement que je noircis le tableau, pour me préparer au cas où. Mais tout cela engendre un malaise qui n'aide pas à réchauffer l'ambiance au sein du lycée Avapabien. Et cela ne m'aide pas non plus à avancer sereinement dans les méandres de mes doutes actuels.
Ce que je voudrais, c'est qu'on nous donne des informations. Car cette réforme a été décidée sans que nous soyons consultés, et aujourd'hui qu'elle est là, nous n'avons reçu aucune véritable information. On nous a mis devant le fait accompli, comme toujours. Si au moins on savait à quoi s'en tenir, et si on avait matière à prendre une décision concernant notre devenir et celui de nos ouailles, on pourrait faire autre chose qu'attendre que les heures passent.
Tout cela est génial. Je saute au plafond.
Vous m'accompagnez?
15:55 Publié dans Teacher's corner | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
03.12.2007
Peinture abstraite
Monsieur Mon Mari est rentré samedi, après diverses péripéties avionesques qui ont failli lui faire prolonger son séjour américain bien malgré lui, ah si seulement D**** Airlines avait des lignes intérieures fiables !
J’ai donc pu avoir quelques éclaircissements sur la bizarrerie de la petite ville où il se trouvait, ville qui ne s’avère pas si étrange que cela au final, sa bizarrerie n’étant que géographique (en gros, un mini centre-ville qui n’en est pas un avec des zones résidentielles très étendues tout autour, ce qui lui a paru surprenant pour une ville de 30000 âmes, même si personnellement je trouve cela très couleur locale). Il y a rencontré des collègues français en mission longue durée sur place, et a priori la vie est agréable à Pas-Si-Bizarre-City, car les expatriés n’ont pas très envie de voir leur contrat toucher à sa fin… Alors bien sûr, il leur faut penser à plein de choses, la scolarité de leur progéniture, le fait que la conjointe ne travaille pas, souvent parce qu’elle ne maîtrise pas la langue, il faut aussi gérer l’éloignement d’avec les siens… Mais l’ambiance est bonne, les français se regroupent et se serrent les coudes si nécessaire, et leur niveau de vie semble meilleur qu’ici.
Joli tableau que celui-là.
Il me plait toujours autant, le dit tableau. Lui qui depuis deux semaines attire mon regard et hache mon sommeil. Lui qui me donne tellement envie de partir. Je me verrais bien me rendre au rendez-vous hebdomadaire que se donnent ces dames pour parler de tout et de rien. Je me vois dans un pick-up sur la route qui me mène vers mon nouveau lieu de travail, qui n’est pas un lycée, et qui me donne envie de me dépasser comme jamais. Je parle anglais la plupart du temps, et c’est une sensation merveilleuse de ne pas avoir à corriger mon interlocuteur, qui n’est pas un élève à qui je répète la même règle dix fois, cent fois, mille fois, jusqu’à épuisement. Je fête le 4 Juillet avec mes nouveaux voisins, et les invite chez nous dix jours plus tard, pour un repas typiquement français. Je suis libre, heureuse, et je repars de zéro. J’aborde la quarantaine avec sérénité, je me suis enfin trouvée. J’ai de merveilleux enfants qui vont à la maternelle et sont parfaitement bilingues. Monsieur Mon Mari commence même à prendre l’accent américain.
Tout cela est un mirage, une illusion, un portrait idyllique de ce que pourrait être la vie, mais qu’elle n’est pas, et qu’elle ne sera jamais.
Je vis en France, mon pays. Je suis titulaire de l’Education Nationale mais souvent je désespère d’être là, à parler aux murs, sans perspective de promotion, de vrai changement. Obligée de travailler là où on me dit de travailler, de telle heure à telle heure, avec telle ou telle classe, dans telle ou telle salle inadaptée à ma matière. Je vis loin de mon établissement, dans une jolie maison avec un époux merveilleux que j’aime plus que tout. Je n’ai jamais reçu autant d’amour de toute ma vie, je crois. Aux yeux de tous, il est là, le joli tableau.
Mais je ne suis pas totalement heureuse. Parce que je ne me suis pas encore trouvée. Je me sens de plus en plus prisonnière d’un système qui ne me convient pas. Je ne sais pas où je vais. Je ne sais plus ce que je vaux, parce que je ne suis pas valorisée dans ce que je fais. J’ai beau réfléchir, je ne sais pas ce que je dois faire. Je n’arrive plus à penser, je n’ai pas assez de recul pour cela. C’est pour cela que je me laisse un peu envahir par des rêves un peu absurdes, un peu fous. Parce que ça me fait oublier tout le reste. Hélas, ça ne le fait pas disparaître. On s’endort, mais on se réveille tôt ou tard, et rien n’a changé. Certains jours, c’est même pire. :(
J’avance aussi courageusement que possible, mais en comptant les heures, et chaque jour terminé est une petite victoire, un espoir vers un avenir plus serein, un avenir plus palpitant. En tous cas, c’est ce que je me dis, mais sans le penser vraiment.
Hier soir, j’ai réalisé tout d’un coup que l’année s’achevait, et que j’en étais exactement au même point qu’il y a un an. Il ne s’est rien passé durant tous ces mois. Rien.
Je me découvre encore plus fragile que je ne le croyais. Et c’est cela qui est en train de me perdre. Si je n’étais pas si bien épaulée à la maison, où serais-je… je n’ose même pas l’imaginer… Je ne serais plus là, je pense. J’aurais été dévorée par le système.
Mon existence est une peinture abstraite, une toile gribouillée en dépit du bon sens. Un brouillon. Je voudrais prendre un pinceau et dessiner des contours lisses, nets, puis ajouter les couleurs de mon choix…
Hélas, je ne sais pas peindre…
12:05 Publié dans C'est tout moi, ça! | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
