07.12.2007

Ben voyons

Je crois que cette nouvelle réforme est un poison puissant, destinée à tuer le peu de crédibilité qu'il reste à notre bonne vieille institution... Ce dont on a besoin c'est de faire une vraie révolution pour éviter le massacre, mais ça ne bouge pas dans le bon sens, les actions qui ont lieu actuellement ne porteront pas leurs fruits si on en reste là...

Hier, dans mon lycée "empêché d'ouvrir", j'ai appris que:

- Les élèves seront plus que jamais des numéros, que l'on pourra sans prévenir passer d'une deuxième année de Bac Pro comptabilité  à une deuxième année de CAP vente de produits alimentaires (par exemple), sans tenir compte du fait que les sections ne sont pas du tout les mêmes (l'important, c'est de caser les jeunes, au détriment de leur réussite s'il le faut)

- Nous pourrons être mutés dans des CFA, dont le fonctionnement n'a rien à voir avec celui d'un lycée professionnel (beaucoup de classes, beaucoup d'élèves, alternance aussi pour les profs puisque c'est les apprentis alternent avec l'entreprise, 35 heures effectives, moins de congés etc etc...) bref, rien à voir avec ce pour quoi nous avons opté pour le système national (l'important, c'est de caser les profs, au détriment de leur santé s'il le faut)

- Il y a de grandes chances qu'il y ait moins de classes et/ou de sections dans les établissements, ce qui va engendrer des pertes de postes, les fameux postes qui seront supprimés l'an prochain et dont on nous parle depuis la rentrée (l'important, c'est de faire des économies, au détriment du bon sens)

- Comme d'habitude, on nous prend pour des imbéciles, et quoi qu'on fasse, on devra subir un programme insensé et regarder nos élèves se noyer (l'important, c'est qu'une classe d'âge aille jusqu'au bac, au détriment des vrais savoirs)

Et bien d'autres choses...

Personnellement, je ne sais toujours pas où je vais ni ce que je peux faire pour éviter que la situation soit pire qu'actuellement (et il faudrait que l'important soit que j'opine du chef, au détriment de mon couple, de ma santé, et de ma carrière s'il le faut?)

 

05.12.2007

Ouais, génial, sautons au plafond dans un grand élan collectif

Lycée Avapabien, premier mardi de décembre.

Le portail est bloqué par la Police Nationale, appellée à l'aide par Pro-Pas-Très-Pro, placé lui-même de l'autre côté du dit portail.

Des élèves d'un lycée voisin sont venus en masse pour protester contre la future généralisation des Baccalauréats Professionnels en 3 ans et la suppression prochaine des classes de BEP, et vu qu'ils ne sont pas du genre calmes, mieux valait les neutraliser. Pour le plus grand bonheur des élèves du lycée Avapabien, qui ont pour plus grande ambition de sécher les cours dès que l'occasion leur en est donnée. Et puis, allez savoir, il pourrait y avoir de la baston, c'est tellement plus passionnant qu'un cours d'anglais ou de maths...

Résultat des courses: pas un chat ou presque dans la journée, des couloirs inhabituellement silencieux, et une attente interminable en salle des professeurs, où nous avons essayé de tuer le temps comme on le pouvait, c'est à dire en bavardant entre deux boissons chaudes, corrigeant quelques copies de temps à autre, quand on en avait sur nous bien sûr.

Il semblerait que de nouveaux blocus vont avoir lieu, mais où, quand, comment, nous n'en savons rien. Verrons-nous davantage d'élèves demain, je l'ignore. Ce sera la surprise.

Je peux comprendre que les changements annoncés dérangent et inquiètent. Mais ce serait sans doute à nous, les enseignants, de protester, car après tout, ces jeunes qui manifestent sont déjà dans le système, et donc ne sont pas concernés personnellement au premier abord (sauf s'ils ont des petits frères en échec scolaire, ce qui est fort possible).

Personnellement, je ne sais pas si mon poste va continuer à exister, vu que la suppression des BEP tertiaires aura comme parallèle la perte d'heures de cours, et comme je suis la dernière arrivée dans ma discipline... Si cela s'avère exact, et si entre temps je n'ai pas obtenu de mutation pour un lycée plus proche de chez moi, que vais-je devenir, il faudra bien que l'on me case ailleurs, n'est-ce pas... Et qu'on ne me parle pas de points de bonifications obtenus pour raison de carte scolaire: si suppressions de postes il y a, il est clair que je ne serai pas un cas unique, et que les postes disponibles seront pris d'assaut. Il me faudra beaucoup de chance pour avoir ce que je souhaite et ne pas risquer de me retrouver dans un établissement encore plus difficile, à Pétaouchnok qui plus est (pour mémoire: je travaille actuellement à 100 kilomètres de mon domicile, c'est déjà bien je trouve, surtout vu la reconnaissance que j'en retire, et au prix actuel du carburant. No bénéfice.).

Nous n'en sommes pas là, évidemment. C'est volontairement que je noircis le tableau, pour me préparer au cas où. Mais tout cela engendre un malaise qui n'aide pas à réchauffer l'ambiance au sein du lycée Avapabien. Et cela ne m'aide pas non plus à avancer sereinement dans les méandres de mes doutes actuels.

Ce que je voudrais, c'est qu'on nous donne des informations. Car cette réforme a été décidée sans que nous soyons consultés, et aujourd'hui qu'elle est là, nous n'avons reçu aucune véritable information. On nous a mis devant le fait accompli, comme toujours. Si au moins on savait à quoi s'en tenir, et si on avait matière à prendre une décision concernant notre devenir et celui de nos ouailles, on pourrait faire autre chose qu'attendre que les heures passent.

Tout cela est génial. Je saute au plafond.

Vous m'accompagnez?

29.11.2007

Ce trimestre j'ai appris que...

- Il est interdit de parler des américains pendant le cours d'anglais, parce que ce sont des américains, pas des anglais...

- ça ne sert à rien d'étudier la comptabilité quand on prépare un BEP... comptabilité!

- La levrette est la femelle du lapin.

- Les arabes ont les cheveux frisés parce qu'il mangent du mouton, mêêêêêêêêê...

- ça ne sert à rien d'apprendre l'anglais, car les anglais sont moches...

- Ce n'est pas bien de ma part de mettre un zéro quand on a triché à un devoir, du moment que les réponses sont bonnes il faut donner des points...

- Les devoirs déposés dans mon casier ont été mangés par lui, c'est la seule explication pour expliquer pourquoi je ne les ai jamais eus...

- Les neveux/cousins/tantes de mes élèves ont la fâcheuse manie d'utiliser leurs feuilles d'exercice pour noter leur liste de courses/faire un dessin/noter un numéro de téléphone...

- Certains élèves ne connaissent toujours pas mon nom parce que c'est mon nom d'épouse, or ils n'avaient pas été invités au mariage (?????)

05.11.2007

Courage, (ne) fuyons (pas) !

J'ai trois paquets de copies à corriger. Trois. Sans parler des cours à préparer. Et du sujet d'un autre contrôle à "pondre" pour jeudi.

J'ai passé une semaine complète de vacances épuisée, encore et toujours ces coups de froids à répétition (et pourtant ce n'est pas faute de faire très attention...). Bref, je me retrouve à trois jours de la reprise sans avoir fait quoique ce soit. Ce matin, j'ai pris mon courage à deux mains, et hop, j'ai sorti mes paquets de copies. Je les ai posés sur le canapé (et oui, je corrige toujours sur le canapé, à croire que je ne sais pas le faire ailleurs). Les trois paquets y sont encore. Intacts.

Qu'est-ce que je donnerais pour ne plus être dans ma peau, ne plus penser, ne plus voir les heures défiler sans parvenir à avancer. Qu'est-ce que je donnerais pour reprendre confiance et être fière de moi. Pour ne plus voir ce visage pâlichon dans mon miroir, ne plus avoir mal au ventre, ne plus tousser. Pour sortir profiter du soleil et marcher, insouciante.

Qu'est-ce que je donnerais pour que ces malheureuses feuilles se volatilisent. Que le lycée Avapabien se volatilise. Que Travail City tout entière ce volatilise. Que les cauchemars liés au boulot et que je fais depuis plusieurs nuits se volatilisent. Que la boule dans ma poitrine ne revienne pas et se volatilise définitivement.

Qu'est-ce que je ferais pour être le 20 de ce mois et rester blottie au fond du lit, en gréviste de pacotille, qui renonce à faire cours pour le simple soulagement de ne pas voir les quatre murs d'une classe pleine de ce bourdonnement qui m'épuise de plus en plus.

Mais fuir n'est pas une solution, il me faut agir en adulte et faire ce que je dois faire. Si seulement je savais ce que c'est...

23.10.2007

To be or not to be in ZEP?

Rien ne va plus au lycée où je travaille... Appellons-le le Lycée Avapabien.

Le Lycée Avapabien n'est pas situé en ZEP mais souhaiterait l'être car l'ambiance y est de plus en plus exécrable.  :((

Je fais partie du personnel de cet établissement depuis 4 ans et j'ai vu une nette dégradation de l'atmosphère qui y règne. Les classes n'y sont plus seulement agitées, elles sont complètement déjantées. Le lycée est une salle de jeu, pas un lieu de travail. De fait on se fatigue, on s'énerve, et au final, ce sont les personnels qui souffrent, car les élèves sont toujours heureux de leur sort (Les courriers envoyés aux parents? pas de souci, on les détourne ni vu ni connu puisqu'on est délégué au courrier à la maison; les heures de colle? c'est bien, on est entre potes et à peine surveillés, donc l presque libres de faire ce que l'on veut, bien au chaud; les exclusions temporaires de l'établissement? cool, on reste à la maison à dormir ou à regarder la télé, à la rigueur on va se promener s'il fait beau, alors que demande le peuple...).

Je n'ai jamais autant espéré avoir enfin ma mutation, parce que j'en ai marre, je ne vais pas travailler sereinement vu que je sais qu'il va y avoir du grabuge, si ce n'est chez moi, ce sera dans la salle à côté... et on ne peut rien faire... Nous ne sommes pas soutenus, les CPE nous détestent au lieu de nous aider, Pro pas très pro reste enfermé dans son bureau, "je ne vois rien-je n'entends rien-je ne dis rien"...

Bref, nous souhaiterions un classement en ZEP, comme d'autres établissement de la ville l'ont déjà. Avec plus de moyens, qui sait, on avancerait peut être (un peu)...

Mais ne rêvons pas. Le lycée Avapabien est surprotégé par son chef, qui ne veut pas qu'on le remarque. Et vivent les élèves qui hurlent dans les couloirs et pendant les cours. Tant qu'y a de la vie...

02.09.2007

La pré-rentrée, ou comment être négative alors qu'on ne voulait pas l'être

Je suis dé-goû-tée. Dégoûtée parce que c'est la reprise et que je ne n'en ai pas envie, là, tout de suite... Moi qui avait décidé d'attaquer la nouvelle année scolaire avec le sourire et de l'énergie à revendre, sans oublier de nouveaux cours nickel-chrome prévus au moins jusqu'à Noël, me voilà malade, j'ai pris froid, je suis KO debout et n'ai qu'une envie: rester sous la couette et traîner...

Demain matin, 9 heures pétantes, dans le grand refectoire du lycée. Je vois déjà les chaises disposées face à l'estrade depuis laquelle Monsieur le Pro-pas-très-Pro nous tiendra son sempiternel discours de bienvenue - au programme, une bonne heure d'ennui mortel. S'ensuivront les doléances de son Adjointe-pète-les-plombs, des CPE, puis distribution des services dans le désordre le plus complet, râleries en tous genre de la part de professeurs insatisfaits, dont je ferai sans doute partie (mauvais, très mauvais pressentiment). Puis vide intersidéral, que faisons-nous, aucune activité de prévue, donc on erre à droite à gauche, rendez-vous au réfectoire vers midi, pour le délicieux apéritif de rentrée et du papotage entre collègues (la seule chose agréable de la journée, avec l'accueil souriant des nouveaux, enfin me concernant car certains "anciens" ignorent les nouveaux, oubliant qu'ils l'ont été un jour, eux aussi). Quelques photocopies pour éviter la cohue mercredi matin, puis re-vide intersidéral si on n'est ni professeur principal, ni délégué syndical, ni nouveau dans l'établissement. Re-papotage avec les collègues, et dispersion bien organisée dans le lycée ou au dehors. A moins que l'on ait un programme, mais il ne faut pas rêver non plus.

Retour au bercail, en fin d'après midi, sous la chaleur écrasante du sud, dans ma voiture non climatisée, et sans doute avec un peu de fièvre et du stress en plus. Travail acharné dès mon arrivée, en prévision de la rencontre avec mes futures plaies futurs élèves. Puisqu'évidemment, l'été a duré deux jours et je ne suis absolument pas prête, enfin, c'est ce que je crois. Effervescence dans la tête et dans le verre, énervement facile après Monsieur Mon Mari, qui pourtant n'y sera pour rien.

Une pré-rentrée ordinaire, quoi.

 

En tous cas, que vous soyez élève ou enseignant, je vous souhaite une bonne rentrée!

03.06.2007

Pour mes chers élèves...*

.... et tous les autres jeunes qui dès demain vont plancher sur leurs épreuves de BEP (et aussi de CAP).

A tous, je vous souhaite bonne chance!

Et surtout: n'en veuillez pas trop aux medias qui, comme chaque année, vous oublient et ne parlent dans leurs journaux que du sacro-saint Baccalauréat...

 

 

* non, mes élèves ne lisent pas mon blog!  :)

20.03.2007

Je devrais...

Je devrais être au lycée, mais je n'y suis pas. J'ai mal dormi, je suis très fatiguée, sans doute à cause du changement brutal de température, et ce vent qui me réveille la nuit...

Je pourrais être vraiment en grève, comme nombre de mes collègues, mais en fait je ne le suis pas. Je me suis levée à l'heure prévue, j'ai pris un bon petit-déjeuner, et soudain je me suis dit "Zut, Ephem, tu es fatiguée ce matin, tu as des vertiges depuis hier soir, et en plus tu sais bien que la majorité des élèves ne vont même pas faire l'effort de se déplacer aujourd'hui! Alors pourquoi faire toute cette route si c'est pour ne rien faire de productif?"... Et je suis retournée me coucher, même si je n'ai pas pu me rendormir, rongée par la culpabilité d'avoir pris cette hâtive décision... Et si les élèves étaient tous là, finalement?

 

15.01.2007

L'heure qui tue...

C'est la dernière heure de la semaine la plus dure... pas parce qu'elle est la dernière, mais parce que j'ai face à moi une bande d'empêcheurs d'enseigner en rond...

Cette heure est affreusement mal placée: le vendredi de midi à 13 heures (13h10 pour être précise), et forcemment, les élèves en ont ras le bol, ils ont toute la semaine dans les pattes... de plus, à cette heure là, ils ont faim (moi aussi, mais ça ne compte pas). Bref. C'est un vrai cadeau empoisonné. Cadeau parce que sinon, j'aurais dû me déplacer exprès pour cette classe le lundi de 8 à 9, alors que je vis à 100 kilomètres du lycée... Empoisonné, parce que ces 29 gugusses n'en sont pas, des cadeaux... La majorité d'entre eux ont un poil dans la main tellement long qu'ils ne peuvent même plus copier ce qui est au tableau...  :(

Mais le pire, c'est que je n'arrive plus à garder mon sang-froid avec eux, parfois ils doivent me prendre pour la tarée de service (mais y'a des fois, j'en peux plus de constater à quel point je ne sers à rien cette heure là...). J'en deviens frustrée, dépitée, ce cours est un non-cours, une heure de baby-sitting, mais pas une heure productive. Et ils ont un exam à la fin de l'année ("mais ne vous inquiétez pas m'dame, on va l'avoir sans souci notre BEP!"). J'ai tout essayé pour qu'ils accrochent un tant soit peu, mais cette heure là, rien ne marche (alors que le reste du temps, ça va à peu près, quand même!)...

Faut que j'arrête de me faire des noeuds au cerveau avec mes élèves... mais j'ai tellement à coeur qu'ils s'en sortent...

16.12.2006

La soirée parents-profs...

Fantastique. il n'y a pas d'autres mots pour décrire ma soirée d'hier. Que dis-je, soirée! Je devrais dire journée.

Service fini à 13 heures mais réunion oblige, attente jusqu'à 16 heures. Puis réunion entre 16 et 19 heures.

J'ai rencontré 5 parents...

Qui a dit que les enseignants ne passaient pas assez de temps dans leur établissement?

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